LA DYNASTIE HAVILAND. D'un continent à l'autre, une saga qui traverse le temps.


L'histoire commence aux environs de New York où Robert Haviland naît en 1803 dans une famille de propriétaires terriens de Harrison’s Purchase. Il débarque en France en 1839 en quête de fabricants de porcelaine avant d’intégrer,  en 1853, la Manufacture fondée à Limoges par son jeune frère David. Bientôt, son fils, Charles Field Haviland, - Field a été ajouté au gré des alliances - né en 1832, les rejoint. En épousant la petite fille de François Alluaud, ce dernier s’allie à une famille qui fabrique depuis 1797 de la porcelaine à Limoges. Très vite, il rachète à celle-ci la manufacture familiale et estampille de son nom les pièces qu’il produit. Lorsque Charles Field Haviland se retire des affaires en 1882, il a su transmettre sa passion à ses descendants.  Rien d’étonnant donc à ce que son petit fils, Robert Haviland, fonde à son tour – il n’a que 27 ans - une manufacture en 1924 et marque lui aussi les porcelaines de son patronyme. Deux ans plus tard, en s’associant avec Pierre le Tanneur, son beau-frère, il donne naissance à la société « Robert Haviland et le Tanneur ». Juste avant la deuxième guerre mondiale, Camille Parlon, propriétaire de l’Union Céramique, se rapproche d’eux et leur apporte le savoir faire de sa propre entreprise. En 1941, pour rendre hommage à son grand-père, Robert Haviland rachète la marque Charles Field Haviland et décide de l’apposer au dos de toutes les porcelaines fabriquées par la manufacture, laquelle prend en 1949 une nouvelle dénomination sociale, « Robert Haviland et C.Parlon »


Avec les années 50 et l’arrivée de deux jeunes dirigeants, Michel Ardant (ESSEC 1950) et André Parlon (ESCP 1950), un vent nouveau souffle sur l’entreprise. Les deux hommes lui font traverser avec succès la grande mutation technologique et créative de l’époque, sans perdre de vue les exigences de qualité qui ont inspiré leurs prédécesseurs. Michel Ardant et André Parlon resteront quarante ans à la tête de l’entreprise en revendiquant de grandes ambitions pour celle-ci. Avec les conservateurs de musées, par exemple, ils s’intéressent à la reproduction de pièces anciennes. L’assiette russe créée en 1762 par Falconet pour l’impératrice Catherine II de Russie est ainsi reproduite pour le Metropolitan Museum of Art de New York, la tasse Rossini pour l’Opéra de Paris, les assiettes et les tasses Pivoines, d’après un service de la Manufacture de Vincennes de 1750, pour le Musée des Arts décoratifs ou bien encore le service de table du peintre pour le Musée Claude Monet de Giverny, sans oublier la série des Dames à la licorne d’après les tapisseries du musée de Cluny à Paris.


En 1984, la Manufacture de porcelaines Robert Haviland & C. Parlon rejoint les maisons les plus prestigieuses du luxe français en devenant membre du Comité Colbert. Elle équipe alors les tables les plus en vue, grands hôtels et grands restaurants mais aussi Ambassades de France, de Belgique, Légations de la Communauté Européenne, l’hôtel de Matignon, les palais royaux du Maroc, du Bahrein, du Sultanat d’Oman, etc. En 1992, Michel Ardant et André Parlon passent la main et cèdent l’entreprise qui traverse ensuite une période d’incertitudes. En 2011, la Manufacture reçoit le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » que l’État décerne en reconnaissance d’un savoir-faire unique qui repose sur des techniques anciennes. Aujourd’hui, tout en perpétuant sa tradition, la Manufacture de porcelaines Robert Haviland & C. Parlon, prépare l’avenir à Limoges en faisant appel aux talents de demain.

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